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Liberté et choix

la liberté se choisit chaque jour...

mercredi 2 janvier 2013

Un publicitaire bien connu a eu cette phrase malheureuse : « Si à cinquante ans on n’a pas de Rolex, on a quand même raté sa vie ! ». J’aurais envie de reprendre cet aphorisme et de le reformuler à propos de la liberté. « Si à 40 ans, on n’a pas commencé à sortir des clichés malheureux sur la liberté, c’est qu’on est passé à côté de quelque chose d’essentiel dans sa vie ».

Alors, la liberté, c’est quoi ? Et quelles sont les contraintes pour y parvenir ?

Eh oui, la liberté signifie beaucoup pour le plus grand nombre, mais bien peu se donnent les moyens d’être un peu plus libre chaque jour. Et encore moins se donnent les moyens de comprendre en quoi elle consiste. La liberté consiste-t-elle à faire ce qu’on veut quand on veut ? J’espère que la plupart d’entre nous sont allés au delà de cette notion réductrice et liberticide !!

Que signifie la liberté ?

Posez la question dans la rue et l’on vous répondra : "la liberté, c’est de faire ce que je veux". Cette définition aboutit forcément à une impasse logique (aporie), car à force de faire ce que l’on veut, on se fache avec tout le monde, si on ne finit pas en prison, et par conséquent, on ne peut rapidement plus rien faire sans ami, sans argent, sans travail... Donc cette définition est fausse !!

Proposons une autre définition : "pouvoir faire ce que je veux" car il est bien évident que pouvoir faire ne veut pas dire nécessairement qu’on va le faire, si on a un peu de sagesse, sinon, on retombe dans l’erreur précédente. Mais cette définition a encore quelques failles, car tout n’est pas dans le faire, et certaines personnes qui ont la capacité de quasiment tout faire, par leur richesse ou par leur influence se sentent pas plus libres pour autant...

Si l’on cherche des définitions sur Internet ou dans un dictionnaire, la liberté est généralement définie par son contraire, c’est à dire l’absence de contrainte. Comme si la liberté était la négation de quelque chose ! L’idée n’est pas absurde car l’expérience quotidienne montre que pour être libre, il faut avoir la force de refuser de nombreuses contraintes potentielles (addictions, amitiés toxiques, dettes, ...) et même se libérer de certaines contraintes acquises par l’éducation (blessures de la personnalité, vieilles dettes, illusions acquises par habitude).

Cela expliquerait pourquoi certaines personnes se dépouillent volontairement de tout pour être plus intensément et se décrivent comme libre ? Mais dans ce cas, se dépouiller de tout, c’est s’oter quasiment tous les moyens de faire. Et certaines personnes d’exception ont affirmé que même emprisonnées, elles se sentaient plus libres que les personnes en pleine possession de leurs capacités de mouvement. La liberté se situerait-elle dans l’être plutôt que dans le faire ou le paraître ?

Personnellement, je ne me préoccupe pas tant de ma liberté d’aujourd’hui que d’œuvrer à ma liberté de demain. Mes choix quotidiens vont ils me mener à plus de liberté ou à plus d’enfermement ? Est-ce que la façon dont je fais travailler mon intellect rationnel, mon intellect imaginaire, dont j’entretiens mon corps, me mène à une liberté maintenue pour demain ? Est-ce que les choix professionnels me permettent de garder une certaine indépendance ?

Liberté et gouvernance

La question de la liberté s’est posée crucialement dans ma vie professionnelle pendant 7 ans passés sous la houlette d’un chef cynique et manipulateur. Admiré par beaucoup pour sa liberté d’esprit, il est pour moi le contre exemple de la liberté, contrairement aux apparences. Brillant, manipulateur, extrêmement habile pour proposer des idées hors cadre, et particulièrement doué pour tenir des propos qui engagent ses interlocuteurs sans jamais s’engager lui même. Un homme libre me direz vous ? Je crois que non : un homme enfermé dans sa capacité de mentir, incapable d’avoir un rapport franc avec quiconque, condamné à n’avoir que des relations de pouvoir ou de manipulation, à défaut d’inspirer la confiance. Je l’ai surpris plusieurs fois incapable de donner des réponses simples qui importaient pour ses interlocuteurs, et n’avaient aucun enjeu pour lui. Tout simplement parce qu’il était devenu incapable de franchise, ou parce que sa fichue liberté comptait plus que le reste, et surtout plus que les autres. Aujourd’hui, il continue à jouer sa partie de Poker et à remporter la mise, mais moi j’ai pris le large, et je m’en félicite chaque jour. Labyrinthe de miroirs

pour aller plus loin :

P.-S.

Cet article fait partie d’une série sur mon blog destinée à former une réflexion quotidienne qui constituera un dictionnaire pragmatique et inconstant du mieux vivre entre humains. Vous souhaitez les retrouver retravaillés sous forme de livre, il vient de paraître, rendez vous sur le site de l’éditeur.


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