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Colère

confronté à la colère

vendredi 27 juillet 2012

Je commence par une anecdote : en sortant du parking de la plage, à Deauville, une voiture en double file m’oblige à changer de voie. L’homme qui empruntait l’autre voie, rouge de colère, se met à m’incendier « Paysan [1] !! Tout ça pour gagner une place ».

Il y a quelques années, j’aurais volontiers attisé sa colère par quelques paroles bien placées, croyant ainsi mettre en valeur ma « force morale » par rapport à sa « faiblesse ». Aujourd’hui, je considère davantage comme une force morale de lui céder la place plutôt que de l’entrainer dans une colère plus grande que son conjoint subira de plein fouet. Etre dominé par sa colère ne rend pas la vie facile et encore moi celle de ceux qui doivent le partager avec le colérique.

Je me sens autorisé à parler de la colère parce que je suis d’une famille de colériques, et que je suis moi même sujet à des accès de colère, heureusement rares car j’ai ressenti très tôt la nécessité de me discipliner. J’ai appris à canaliser cette colère et à l’évacuer, aussi ne s’exprime t-elle que dans des circonstances très éprouvantes, mais je dois reconnaitre que c’est une passion terrible à faire subir à son entourage.

La colère, lorsqu’elle est juste, et lorsqu’elle est maîtrisée et canalisée peut être un formidable moyen de faire passer des messages. On peut même dire qu’il y a certaines personnes envers qui elle est le seul moyen de faire passer des messages : des collègues butés dans leur raisonnement, des enfants indisciplinés, des hiérarchiques inconscients de la stupidité de leur management. Mais si on laisse la colère nous dominer, elle n’est plus qu’un aveu de faiblesse, elle perd toute sa légitimité.

P.-S.

Cet article fait partie d’une série sur mon blog destinée à former une réflexion quotidienne qui constituera un dictionnaire pragmatique et inconstant pour mieux vivre l’avenir avec l’expérience de la vie passée.


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Notes

[1] le ton véhément, et la différence de taille entre nos deux voitures suggèrent que « Paysan ! » n’était pas un éloge spontané de mon rapport à la nature mais l’expression d’un complexe de supériorité mal placé.