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Echec

Echec collectif ou individuel ?

dimanche 13 février 2011

Le service ou j’ai travaillé pendant 7 ans récemment était une vraie machine à mettre les gens en situation d’échec. Maintenant que j’ai rejoint un autre service de la même entreprise, qui lui fonctionne normalement, je peux analyser plus sereinement la situation et en tirer des leçons.

Il y a responsabilité et responsabilité

Nous étions régulièrement mis en situation de responsabilité, ce qui est très bien. Mais comme toute situation de responsabilité, elle évoluait, quand le projet avait assez mûri, à un stade où la hiérarchie avait à prendre des décisions, avaliser le projet, le défendre devant d’autres hiérarchiques susceptibles d’assurer les relais nécessaires, et à ce stade le projet s’éteignait généralement parce qu’aucune décision n’était prise, aucun relais n’était assuré.

Aucun risque d’autocritique de la part de la direction, puisque l’évaluation était toujours faite à charge pour les collaborateurs. Les failles de chacun étaient traquées et mises en lumière, jamais le potentiel, ni les compétences. Au besoin des situations de conflits étaient encouragées par la compétition interne, le favoritisme temporaire en faveur de l’un ou de l’autre, au gré des modes et des envies. Les impulsions données par notre hiérarchie étaient guidées par le plus pur girouettisme, changeant avec le sens du vent avant qu’un projet aie le temps de murir, les relais d’informations absents ou erronés.

Cela soulage certes d’en faire le bilan avec du recul, mais c’est surtout à titre d’exemple que cette expérience est intéressante. Même si je ne souhaite à personne de vivre cette expérience, il faut bien reconnaitre que nous y sommes parfois confrontés à des degrés divers dans la vie familiale ou professionnelle. L’échec résulte parfois de l’incompétence, mais le plus souvent de conflits internes, de luttes d’égos, et surtout généralement d’une incapacité à exploiter les talents de chacun.

La compétition pour maintenir le pouvoir

Un des leitmotivs de notre directeur était « mettons les en compétition, ceux qui sortiront du panier produiront des résultats intéressants ». Je suis heureux aujourd’hui d’être dans une équipe qui fonctionne en synergie, de constater que le potentiel de chacun s’y exprime, que les individus brillants arrivent à briller, et que les différentes compétences permettent de surmonter collectivement des difficultés qui n’auraient pas été envisageables dans une optique de chacun pour soi.

L’échec est systémique

Lorsqu’il y a échec, il est toujours facile de mettre en cause le premier responsable de cet échec, comme s’il devait y avoir forcément un responsable, une sorte de cause première, alors que la responsabilité est le plus souvent systémique. Si un individu n’a pas toujours le ressort nécessaire pour s’adapter à une situation, un groupe qui se coordonne bénéficie d’une flexibilité, d’une souplesse sans commune mesure avec les capacités d’un individu, que le groupe soit un couple affrontant les difficultés de la vie familiale, ou une équipe de chercheurs résolvant des problèmes de haute technicité.

P.-S.

Cet article fait partie d’une série sur mon blog destinée à former une réflexion quotidienne qui constituera un dictionnaire pragmatique et inconstant pour mieux vivre en tirant profit de l’expérience. Vous souhaitez les retrouver retravaillés sous forme de livre, il vient de paraître, rendez vous sur le site de l’éditeur.


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