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Vivre dans un monde très très très petit...

Un point commun à tous les extrêmismes

dimanche 25 mai 2014

Avec les élections européennes, les discours du Front National se sont fait plus fréquents, plus insistants. C’est oppressant de se sentir entouré de gens qui refusent le monde tel qu’il est, qui ont peur et c’est terrible d’imaginer qu’un jour ils auront les moyens de façonner le monde à leur triste vision. Je me suis souvent demandé quoi leur dire. Et puis cette semaine, j’ai réalisé : "Ouvrez les yeux, le monde n’est pas aussi étroit que vous le voyez !".

Un monde très très petit...

Elargissons un peu notre horizon, et ne nous contentons pas de celui des militants extrémistes : beaucoup de gens autour de nous ne voient pas plus loin que le mur de leur jardin, au figuré.

Du petit caïd de banlieue qui ne connait que son gang, au retraité angoissé par ce qui peut arriver aux frontières de son quartier, beaucoup d’entre nous ne contentent d’un horizon très proche, très étroit, avec relativement peu d’occasions de voir comment tourne le monde au delà de leur cercle d’influence, et je ne parle d’étudier l’histoire pour connaître ce qu’on toujours donné les populismes, les fascismes et autres mouvements extrêmistes.

Que voit on quand on regarde plus loin ?

Si l’on commence à regarder au délà des frontières de l’Europe, il y a peu de pays qui connaissent la paix, encore moins qui aient une police qui sert à la protection des citoyens plutôt qu’à la répression. Il y a peu de pays au monde où l’on puisse gagner honnêtement sa vie à la sueur de son front, les inégalités sont nombreuses, criantes, et l’insécurité est grande.

Regarder son propre jardin à la lumière du monde environnant, c’est reconnaître que nos pays européens ont su s’allier pour garantir la paix, que nos états ont mis en place des structures de solidarité, des infrastructures qui profitent à tous, un monde où chacun peut assurer la sécurité de ceux qu’il aime.

Que craignons nous ?

D’être envahis par les immigrés ? Qu’ils viennent s’installer dans notre petit jardin ? Craignons nous le partage des richesses ? Ne voyons nous pas que c’est l’inégalité qui crée la convoitise, que c’est la captation des richesses qui crée la jalousie. Ne voyons nous pas que notre modèle ne survivra pas contre le monde, si nous ne savons pas convaincre le monde qu’il est le meilleur ?

Ne voyons nous pas que ces immigrés que nous décrions tant, ou que tout autre bouc émissaire que nous nous sommes choisis, loin de nous mettre en danger, sont au contraire nos meilleurs ambassadeurs pour changer le monde ? Que c’est eux qui peuvent témoigner au monde de la justesse de notre modèle ?

N’oublions pas les valeurs de paix et de solidarité qui ont fait de notre pays ce qu’il est. N’écoutons pas les sirènes de ceux qui veulent monter les communautés les unes contre les autres en jouant sur l’ignorance, la peur de l’autre, et la caricature !

Nettoyer nos jardins

Nous avons tous nos petits jardins clos qui ont peur du vaste monde, du changement... que ce soit en termes de religion, en termes professionnels, en termes de famille. Si nous nous replions sur nous mêmes, nos capacités à comprendre le monde s’atrophient, et nous sommes gouvernés par la peur, la peur du changement, la peur de l’autre, le repli sur soi, et sur un passé idéalisé.

P.-S.

Cet article fait partie d’une série sur mon blog destinée à former une réflexion quotidienne qui constituera un dictionnaire pragmatique et inconstant du mieux vivre entre humains. Vous souhaitez les retrouver retravaillés sous forme de livre, il vient de paraître, rendez vous sur le site de l’éditeur.. La question de la peur y est abordée sous plusieurs angles.


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