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Progrès

peut-on croire au progrès ?

mercredi 9 février 2011

Est-ce que je crois au progrès ? Et comment définir le progrès ? Une amélioration des conditions de vie des hommes !

Il y a bien des raisons de douter que quiconque en politique internationale, en économie ou en industrie oeuvre au progrès. J’ai par contre quelques raisons de croire que la science peut apporter du progrès et du bien être à l’humanité, en soulageant certains des maux dont elle souffre... par la médecine notamment.

Ce progrès de la médecine est lui même d’une nature un peu particulière puisque c’est une lutte sans espoir contre les faiblesses dont la nature nous a dotés. C’est toutefois ce progrès qui me fait vivre au quotidien, surmonter des difficultés toujours plus grandes pour tenter de découvrir de nouveaux traitements pour d’incurables maladies. C’est souvent plus la foi qui me fait tenir qu’autre chose, car il faut bien avouer qu’on ne voit que rarement ce progrès.

Nous voyons plus facilement des signes des progrès du passé, car il faut que du temps s’écoule avant que l’on mesure combien une découverte scientifique a pu avoir d’impact sur notre qualité de vie. Prenons un exemple qui semble sans faille : les antibiotiques. Nous devons à la découverte des antibiotiques de ne plus vivre dans la crainte d’une infection qui peut tuer du jour au lendemain et il est bien reconnu qu’ils ont rallongé l’espérance de vie. Bingo !! Voilà un progrès net et définitif. Eh bien les choses ne sont pas si simples : à cause d’un mauvais usage de ce progrès, les microbes ont appris à résister aux antibiotiques et nous allons devoir à nouveau vivre dans la crainte. Alors du coup, on revient vers des méthodes qui ont été abandonnées au profit des antibiotiques, comme la thérapie par les phages. Et on se rend compte que le progrès nous a apporté une facilité qui a occulté d’autres façons de travailler, sans doute plus écologiques.

De façon générale, la profusion de traitements médicamenteux clé en mains a changé la médecine : beaucoup de médecins sont devenus des prescripteurs de pilules. Plus besoin d’écouter le malade, il suffit de lui donner une bonne liste de courses à la pharmacie. Et cela rend les traitements moins efficaces quand les patient ne sont soignés qu’à coup de remèdes immédiats au lieu d’écoute. Des difficultés de sommeil ? Traitons l’angoisse par des anxyolytiques plutôt que d’essayer d’améliorer l’hygiène de vie, certes plus difficile à gérer sur une ordonnance. Nous voyons bien là que le progrès ne fait pas que simplifier nos vies, il les change en profondeur.

La technologie change nos vies profondément, nos manières de communiquer, de nous soigner, de voyager. Elle rend tout plus immédiat, mais ce qu’on gagne en largeur, est-ce qu’on ne perd pas en profondeur ?

On perçoit la nécessité d’une marche arrière en médecine, autant qu’en agriculture et en industrie d’un retour plus général à une écologie plus fondamentale. Mais nous redécouvrons ainsi aujourd’hui que l’avancée technologique n’est qu’un progrès que si elle s’accompagne d’une dimension humaine et d’une approche écologique. Pour reprendre cet exemple du médecin prescripteur, il y a de plus en plus de cabinets médicaux qui s’organise en équipes pour traiter des pathologies complexes comme le diabète, la dépression ou l’angoisse. Le médecin est entouré d’une équipe complète : psychologues, animateurs, psychomotriciens, éducateurs. C’est bien tout un écosystème de soins, une écologie, qui se développe autour du malade.

Est-ce que le grand progrès du 21ème siècle ne serait pas la redécouverte [1] de l’écologie ?

P.-S.

Cet article fait partie d’une série sur mon blog destinée à former en 2011 une réflexion quotidienne qui constituera un dictionnaire pragmatique et inconstant du mieux vivre entre humains.


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Notes

[1] pas nécessairement idéologique