rédaction des évangiles, apocryphes, le canon des écritures.
La rédaction des évangiles
n'a pas été faite immédiatement à la constitution
de l'Église (à la pentecôte) parce que la tradition orale était
vivace. Mais, l'ampleur que prit bientôt le christianisme fit probablement
assez tôt sentir la nécessité de fixer par écrit
la tradition orale. Il semble que deux sources se soient dégagées
donnant naissance aux trois évangiles synoptiques (= parallèles)
Marc, Matthieu et Luc, l'autre donnant l'évangile de Jean qui relate
des épisodes inédits dans les trois autres (comme les noces
de Cana).
Même si à une certaine époque, les spécialistes ont pensé que l'écriture du nouveau testament était plus tardive, ils sont maintenant revenus à des dates coïncidant avec le vivant des apôtres.
Les évangiles apocryphes
ont été rédigés par différentes communautés,
aux motivations diverses, et aux sources encore plus diverses. Ce qu'ils
rapportent du Christ est parfois farfelu (miracles extravagants) mais parfois
aussi fort crédible, et il se peut qu'ils contiennent des paroles
de Jésus oubliées par la tradition. Il est surtout fort probable
qu'ils contiennent des paroles qui ont été ajoutées
avec des intentions bien précises, d'où la prudence de l'Église.
Mais c'est à eux que l'on doit, le bœuf et l'âne, nombre de
détails sur Marie, les noms des mages.
L'influence gnostique est très claire dans l'évangile de Thomas, gonflé d'allusions mystérieuses, et dans l'évangile des égyptiens. L'évangile de Thomas fut découvert en 1946 à Nag-Hammadi et a soulevé la controverse au moment de sa découverte car on a affirmé qu'il était la source des autres. On pense maintenant qu'il a été écrit en copte au second siècle et qu'il a deux sources, une étant gnostique et plus tardive.
On dispose également de fragments archéologiques comme les papyrus d'Oryrhynque, découverts en 1897.
La nécessité de fixer
les textes retenus par l'Église (canoniques) pour le nouveau testament apparaît
évidente :
Les 4 évangiles, et les épîtres de Paul (retenues
dès 120) sont attestées dès cette époque par
de nombreux auteurs. L'épître aux hébreux, l'apocalypse
(de Jean) et les épîtres dites catholiques seront associées
plus tard au canon. La lettre de Clément de Rome, la didaché,
l'apocalypse de Pierre et l'épître de Barnabé passeront
de peu à côté du canon. L'évangile de jean faillit
ne pas être retenu parce que son côté mystique était
utilisé par les gnostiques.
Parallèlement, on recueille les traditions attestées pour l'Ancien testament (et fixées par les juifs).
Le premier critère
pour retenir un texte est son origine apostolique : Luc et les Actes sont
attribués à Luc, compagnon de Paul, Marc est attribué
à un compagnon de Pierre. Un autre critère (lié) est
l'antiquité. Dernier critère : le fait d'être reconnu
par toutes les églises.
Si d'autres textes (liturgiques, disciplinaires) sont considérés comme normatifs, c'est aussi par leur association à une tradition apostolique.
Le pape Damase Ier promulgue le canon des écritures en 382.
Si le canon ne changera pas pour les catholiques, Luther retranchera certains textes notamment l'épître de Jacques (qui met en balance la foi et les oeuvres).
voir aussi l'histoire de la traduction de la Bible.