Renard Web

Religion sans sagesse n’est que ruine de l’âme

L’amour doit être la source de tout. Si la religion le met au second plan, c’est qu’elle se trompe.

samedi 22 décembre 2012

En cette période de Noël, remontent des souvenirs du temps passé où le Christianisme était pour moi une sagesse, une force qui guidait ma vie. Amour, méditation, fraternité, acceptation de notre petitesse, réconciliation : tout cela a guidé les quelques 30 premières années de ma vie et m’a fait ce que je suis.

Mais voilà, je suis confronté à la dure réalité : le christianisme que j’ai connu, le Catholicisme, n’est plus une sagesse. J’ai du faire le choix de m’en éloigner pour m’épanouir, pour être moi même, pour être libre, pour aimer. Alors pourquoi le Catholicisme n’est il plus une sagesse ?

Aimer, avant tout

C’est évidemment une question qui me taraude depuis que j’ai fait le choix de partir. Et qui m’a douloureusement hanté lorsque je vois des croyants se battre contre un loi permettant le mariage laïc des homosexuels, avec un discours extrêmement confus mêlant des peurs diverses et érigeant la famille sur un socle immuable où les deux sexes ne sont symboliquement représentés pour l’enfant que par un père et une mère. J’ai le sentiment très vif que les croyants mettent leurs principes sur un piédestal, et qu’ils sont prêts à immoler sur ce piédestal tout ce qui est force de vie. Lorsque j’étais croyant, la force qui m’animait, c’était l’amour, le désir que la vie de tous soit remplie d’amour, soit plus libre, soit plus belle. Je me suis souvent trouvé confronté au légalisme, et j’étais pas mal légaliste moi même, mais je mettais l’amour en premier, et lorsque l’amour entrait en contradiction avec les principes en place, c’est que les principes étaient en tort. j’en avais la certitude. Cette certitude, je l’ai toujours, mais j’ai l’impression de ne plus la partager avec mes anciens coreligionnaires.

Deux exemples

Je vais prendre l’exemple du débat sur le mariage, ou plutot l’adoption pour les couples homosexuels. Je conçois qu’on soit contre, encore faut il que les raisons avancées en soient valables. Le slogan « un enfant a besoin d’un papa et une maman » me semble particulièrement dépourvu et d’amour et de sagesse, quand bien même il serait vrai, ce dont je doute.

Dépourvu d’amour il l’est, car enfin, quel jugement terrible il porte sur toutes ces mères qui élèvent seules leur enfant, souvent sans l’avoir choisi, parce que le père est absent. Dépourvu de sagesse, il est, car la vie nous apprend que le monde idéal n’est pas sur cette terre, que la famille n’est jamais parfaite, que la présence d’un père et d’une mère ne sera pas garante d’une bonne éducation : violence conjugale, déficit de présence de certains pères, enfermements divers, erreurs sur l’éducation, tout cela ne blesse-t-il pas plus un enfant que l’absence de référents symboliques des deux sexes ?

Je vais prendre en 2e exemple l’événement fondateur qui m’a fait quitter l’Eglise. Suite à mon divorce, j’ai reçu des pressions énormes pour rester célibataire. Parce que j’étais engagé dans l’Eglise, je devais être un exemple et rester fidèle à celle qui m’avait quitté. J’ai tenté de suivre cette voie, par fidélité, avec des hauts et des bas pendant plusieurs années, et cela me rendait très malheureux.

Une révélation :

Lecteur assidu de la bible, j’avais en tête cette phrase du Deutéronome [1] :

Vois, je mets devant toi aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur... Choisis la vie.

Et il m’est apparu évident que ce que me proposait l’Eglise, ce n’était pas la vie, ce n’était pas le bonheur, c’était la stérilité et le malheur. Le bon choix c’était d’aimer et de re-fonder un foyer. J’ai coupé court à cette influence devenue toxique, et je me suis reconstruit ma propre sagesse à partir de ce que je voulais retenir du Christianisme.

L’impasse logique (aporie) du Catholicisme

En se positionnant en tant qu’autorité morale, et en faisant des choix clivants sur des grandes questions de société telles que la sexualité, la contraception, l’avortement, le mariage indissoluble, l’Eglise met la barre très haut pour une humanité malade, en faisant fi des situations individuelles. La morale de l’Eglise, dans la grande traditions métaphysique héritée de Platon et d’Aristote, se veut générale, universelle, et inspirée d’une loi transcendante, généralement appelée la loi naturelle. La situation de vie du paroissien lambda pourra être en adéquation avec cette exigence dans un monde idéal, peuplé de petits moralistes capables de faire les bons choix qui ne les lient ni eux, ni leurs prochains.

La situation individuelle, au long de la vie, sera souvent en contradiction avec la morale catholique. Si c’est temporaire, le chemin du pardon est ouvert. Si c’est permanent (choix sexuel, remariage...), le chemin du pardon n’est absolument pas ouvert puisque celui ci nécessite et la contrition et l’arrêt des pratiques "coupables", le chemin des sacrements est barré, celui là même dont la doctrine prétend qu’il est le seul salut.

Bref la perfection de la doctrine est un chemin d’exclusion pour ceux qui sont en faute. Plus encore, elle rend totalement inaudible le message de l’Eglise, qui devient purement légaliste. C’est ce que j’appelle l’aporie légaliste [2].

C’est d’autant plus dommage qu’il me semble que le fondateur du christianisme s’est bien gardé de prononcer des commandements moraux sur des points spécifiques comme on en trouve à la pelle dans les écrits bibliques antérieurs. Il s’est prononcé sur des cas particuliers, laissant des recommandations sur une attitude à adopter lors des choix moraux, comme toujours pardonner, s’aimer les uns les autres, ne pas se croire si parfait qu’on puisse juger les autres, soutenir les plus démunis...

Le bon choix, c’est l’amour

J’en fait le constat aujourd’hui, j’ai fait le bon choix. J’ai retrouvé une femme formidable qui m’aime comme je suis et que j’aime comme elle est, dans une relation constructive. Je suis heureux, j’arrive à traverser des épreuves sans être dans le déni de réalité et je suis prêt à accepter que d’autres vivent différemment de moi. J’ai eu la certitude que j’avais fait le bon choix lors de l’élection de Benoit XVI. Alors que Jésus avait eu tellement maille avec les pharisiens qui plaçaient la loi avant tout, que l’Eglise catholique se choisisse pour guide le plus pharisien d’entre tous était pour moi une sorte de fin des temps et cette intuition ne s’est pas démentie depuis.

Mais l’amour est possible, et l’espoir il est là !! A ceux qui seraient tentés de se réfugier dans les préceptes et dans la loi, je lance cet appel :

Le vent souffle où il veux, et toi, tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. [3]

Suite à cette réflexion, quelques autres lectures sont conseillées, toutes lisibles en dehors du cadre strict de la foi religieuse :


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Notes

[1] (30,15)

[2] L’aporie est une impasse logique.

[3] Evangile de Jean (3,8)