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L’intuition

Peut on se fier à son intuition ?

dimanche 1er juillet 2012

L’intuition tient du caractère. Certains d’entre nous sont plus attachés à l’observation des détails et d’autres à observer plus globalement avec un recul qui permet de sentir les courants sans les voir dans leurs détails. C’est plutôt cela l’intuition. C’est à la fois une bénédiction et une malédiction si l’on ne sait pas en user avec précaution.

Peut on se fier à son intuition ?

L’intuitif pourra devenir, pressentir, éprouver de l’empathie, avoir de la créativité, des capacités d’analyse qui sortent du cadre. Mais comme il ne se fie guère aux détails, il pourra aussi se laisser abuser par son ressenti et avoir un jugement complètement faussé. Pour l’intuitif, c’est un choix quotidien que de se fier à son intuition et par là même la développer, au risque de s’égarer complètement, ou au contraire de la canaliser avec d’autres dimensions de son intelligence, au risque de l’étouffer quelque peu, mais avec l’avantage de faire moins d’erreurs.

Ayant un tempérament assez intuitif, j’ai eu maintes fois l’occasion d’en éprouver les avantages mais aussi les limites. Dans mon métier de chercheur, l’intuition m’a permis d’explorer des pistes inattendues et de sortir d’impasses dont la logique ne voyait pas l’issue. Dans mes relations aux autres mon intuition m’a permis à certains moments de ma vie, de développer mon écoute, de comprendre chez les autres des blocages qu’eux mêmes ne percevaient pas. La contrepartie négative, c’est que j’ai souvent laissé mon intuition se faire influencer par un pessimisme naturel, qui se traduisait par exemple par des a priori très négatifs sur des gens que je connaissais peu, mais aussi par des réactions négatives à des comportements que j’anticipais chez autrui, provoquant par là même ces comportements.

L’intuition demande à être vérifiée.

Mais c’est plus vite dit que fait. En effet, l’intuition peut pousser à des réactions qui elles mêmes vont provoquer les faits pressentis. Je sens l’autre contrarié, donc je réagis mal, provoquant moi-même la contrariété que j’ai anticipée, et confirmant par là mon intuition. Seul un observateur extérieur impartial pourra vérifier mon intuition. A défaut d’observateur impartial, je peux noter mon intuition sur un carnet, adopter un comportement neutre, comme si je n’avais pas eu d’intuition, et observer si mon intuition se réalise telle que je l’avais pressentie. Cela me permet de la développer.

Pour aller plus loin :

P.-S.

Cet article fait partie d’une série sur mon blog destinée à former une réflexion quotidienne qui constituera un dictionnaire pragmatique et inconstant pour mieux vivre en tirant profit de l’expérience. Vous souhaitez les retrouver retravaillés sous forme de livre, il vient de paraître, rendez vous sur le site de l’éditeur.


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