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Jeux de coopération, le Seigneur des Anneaux

une autre façon de jouer

samedi 8 septembre 2007

Ce magnifique jeu de Reiner Knizia met au défi une équipe de 2 à 5 hobbits de traverser les terres du milieu non pour s’affronter, mais au contraire en unissant leurs forces pour affronter les événements déclenchés par le jeu.

Le thème du jeu

Le jeu suit le voyage de la communauté de l’anneau. Un des plateau suit les événements du roman, quelques épisodes étant toutefois coupés dans le jeu de départ, ils sont complétés dans l’extension "forces des ténèbres".
Les amateurs du film ou du roman retrouveront avec plaisir les événements qui les ont fait frissonner de plaisir.

Le jeu repose sur plusieurs principes intelligemment inspirés :

  • pour progresser, il faut dépenser des cartes d’amitié, de discrétion, de combat et de marche à pied. L’importance relative de ces différentes cartes varie selon les étapes du voyage. Il y a aussi des jokers qu’il faut savoir dépenser au bon moment.
  • il faut parfois dépenser des cartes pour aider les autres et il faut anticiper certains événements néfastes qui pourraient nuire à tout le groupe.
  • certaines actions se traduisent par une corruption des hobbits. Le pouvoir de l’anneau gagne de l’emprise sur eux, et le pion qui représente Sauron peut aussi s’approcher de tout le groupe sur une échelle de corruption.
  • chaque hobbit a une capacité à mettre au service des autres : Frodon a plus de jokers, Sam résiste mieux à la corruption.
  • passer l’anneau permet d’avancer plus vite mais il y a un prix à payer.
  • les alliés des hobbits sont représentés par des cartes bonus à dépenser au moment judicieux. Les cartes gandalf sont les plus puissantes et on peut les acheter quand on accumule assez de points bonus (des boucliers).

Comment on gagne ?

Seigneur des AnneauxLe jeu se gagne si le groupe parvient à la dernière case du scénario et jette l’anneau dans le feu. Pour jeter l’anneau dans le feu, il faut lancer le dé, et si le hobbit y survit le groupe a gagné. S’il échoue, un autre joueur peut tenter à son tour et ainsi de suite pour les joueurs survivants. Dans ce cas, tous ont gagné même ceux qui auraient perdu leur personnage plus tôt dans la partie.

Par contre, il y a de nombreuses façons de perdre :

  • si un joueur est éliminé alors qu’il avait l’anneau
    • il lui manque une carte demandée par le jeu
    • il est corrompu
  • si Sauron rejoint les joueurs sur la ligne de corruption
  • si un scénario n’est pas fini à temps et que le dernier événement se déclenche.

Pourquoi un jeu de coopération ?

Tout le monde n’aime pas forcément s’affronter pour gagner à tout prix. Ici la volonté de gagner est mise au service de tous mais elle est mise à rude épreuve car la communauté n’a aucune chance de gagner si chaque joueur ne fait pas, à tour de rôle, des sacrifices pour permettre au groupe d’avancer.

Il ne faut pas avoir peur de se mettre en danger si on veut arriver le plus loin possible. Si des joueurs gardent des cartes dans leur main pour se prémunir de tout imprévu, il y a de fortes chances qu’ils vont plomber le groupe.

Mais alors, où est la stratégie ?

Forces des ténèbresCe qui est intéressant, c’est que la stratégie se dessine au fur et à mesure, et elle nécessite des discussions entre les joueurs : "si je joue telle carte, est-ce que tu me soutiendras ensuite ?". "Et si tu passais l’anneau pour nous faire franchir ce cap difficile ?"

Est-ce que ça ne devient pas toujours pareil ?

Personnellement, je n’ai jamais fait deux parties qui se ressemblaient (une douzaine de parties à mon actif). Il faut dire qu’au cours de chaque scénario, on pioche des tuiles aléatoires dans un sac qui dictent l’arrivée des événements néfastes. Selon la sortie des tuiles, il faut s’activer sur tel ou tel aspect du scénario.

Pour varier le jeu, il existe d’ailleurs des extensions.

Extension 1 : les forces des ténèbres

C’est par celle ci qu’il faut commencer car elle introduit 2 nouveaux scénarios : Bree et l’Isengard. Elle introduit aussi une nouvelle manière de perdre : être submergés d’ennemis. Les joueurs ont donc à gérer un problème supplémentaire. Les ennemis surgissent à la place des défausses de cartes du jeu de base. Chaque ennemi nécessite de sauter un tour ou de sacrifier certaines cartes ou jetons pour être vaincu. En contrepartie, les joueurs reçoivent quelques bonus supplémentaires sous formes de cartes, et un pouvoir supplémentaire, à usage unique pour leur hobbit.

La durée de jeu se rallonge de 50 % avec cette extension et ça peut sembler long pour certains (90-120 minutes), mais on gagne en richesse de choix et de défis.

Extension 2 : Sauron

C’est l’extension que j’ai le moins jouée parce que j’ai toujours mis en avant le côté coopération, mais c’est peut être l’extension qu’il vous faut si vous aimez jouer seul contre tous. Un joueur est donc amené à jouer Sauron contre 2 à 5 hobbits courageux. Celui qui joue Sauron doit parfaitement bien connaître le jeu, sous peine de laisser gagner les hobbits trop facilement. Il doit essayer de faire chuter chaque hobbit sur son point faible, tout en harcelant particulièrement le porteur de l’anneau. Le jeu introduit des Nazguls pour enrichir les règles de corruption, et Sauron peut jouer des cartes à de nombreuses reprises pour déclencher les événements qui sont gérés par le dé, ou les points de corruption dans le jeu de base.

Extension 3 : les champs de bataille

La plus récente, et je n’y ai encore joué que 3 fois. Je n’ose imaginer la durée de la partie si on la cumule avec une autre extension... Cette fois ci, on introduit à côté de chaque scénario des plans de batailles et il faudra sacrifier des cartes ou passer un tour pour y envoyer Gandalf, Aragorn, Legolas, Boromir et Gimli. Si l’on ne fait rien, des ennemis apparaissent, progressent sur le champ de bataille et déclenchent des effets néfastes en progressant : corruption, perte de cartes, recul sur le scénario, etc...

Champs de Bataille


Statistiques

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