Renard Web

Le Noël des gueux

Seigneur, Seigneur ayez pitié, clame le gueux, Noel venu.

mardi 16 décembre 2008

Seigneur, Seigneur ayez pitié, clame le gueux, Noël venu.

Une complainte, en hommage aux amours jaunes de Tristan Corbières, quelque peu tombés en désuétude.

Seigneur, Seigneur ayez pitié, clame le gueux, Noël venu.

Seigneur, ô mon Seigneur, me voilà repentant.
J’ai longtemps trainé misère,
En claudiquant, chemise au vent.

Et qu’attends tu le gueux, sinon un châtiment ?
Crois tu que peine et sentiment
Puissent m’émouvoir maintenant ?

Seigneur, ô mon Seigneur, me voilà tout tremblant.
J’ai longtemps trainé misère,
En claudiquant, chemise au vent.

qui crois tu donc trouver manant ?
Me prends tu pour un petit enfant ?
Crois tu qu’en crèche je t’attends ?

Et qu’attends tu le gueux, courbé comme un tourment ?
Crois tu que fièvre et tremblement
Puissent sursoir au châtiment ?

Est-il en ce bas monde un firmament ?
Un lieu, Noël venu, ou poser sa chemine ?
Un lieu de joie, qui illumine ?

Pitié Seigneur, Je n’ai finance, ni prestance
Sur mon chemin je n’ai glané que la souffrance
Je vois chez vous l’âtre qui brille,
La broche bien garnie, et le chien qui frétille...

Et qu’aurais tu donc pour ta rançon le gueux,
Je n’ai que faire de toi sur mon parvis,
Tu t’es usé à espérer,
Que crois tu donc que je devais
A celui qui est pétri de plaies ?
Crois tu que j’allais t’encenser ?
Par amour de la pauvreté ?
Noël, ce soir, c’est porte close.

P.-S.

ce poème prend à contre-pied les thèmes du Noël chrétien ("Dieu se fait petit enfant pour être plus proche de nous") et les traduit dans les illusions de la société libérale post spirituelle, tout en gardant des termes moyen-âgeux.


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